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    L'AFFAIRE DREYFUS

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    L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par FLANDRE le Ven 17 Aoû 2012, 11:51

    Si vous souhaitez vous éloigner du politiquement correct et de l’influence des lobbies qui parviennent irrémédiablement à formater notre opinion, je vous conseille vivement l’ouvrage de l’écrivain britannique Piers Paul Read : « The Dreyfus Affair ».

    Malheureusement la diffusion en France de la traduction en français de cet ouvrage n’est pas autorisée de manière à ne pas faire de peine à nos chers amis moyen-orientaux !!! Encore une fois, quand ça le dérange et que ça dérange sa communauté, Richard Pasquier sait manœuvrer.

    Cet ouvrage est publié par Bloomsbury, je l’ai acheté chez Amazon.fr : 25.58 €uros malgré le boycott.

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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par Dupetit-Thouars le Dim 19 Aoû 2012, 19:01

    FLANDRE a écrit:Si vous souhaitez vous éloigner du politiquement correct et de l’influence des lobbies qui parviennent irrémédiablement à formater notre opinion, je vous conseille vivement l’ouvrage de l’écrivain britannique Piers Paul Read : « The Dreyfus Affair ».

    Malheureusement la diffusion en France de la traduction en français de cet ouvrage n’est pas autorisée de manière à ne pas faire de peine à nos chers amis moyen-orientaux !!! Encore une fois, quand ça le dérange et que ça dérange sa communauté, Richard Pasquier sait manœuvrer.

    Cet ouvrage est publié par Bloomsbury, je l’ai acheté chez Amazon.fr : 25.58 €uros malgré le boycott.
    bonjour FLANDRE,je n'ai bien entendu pas lu ce livre,pourtant je penses que quasiment tout à été dit et écrit sur le sujet ,encore qu'à l'heure actuelle certains ne soient pas convaincus de l'innocence du Capitaine Dreyfus .Pour ma part je catalogue cette affaire comme le symbole de l'iniquité pour raison d'état ,allié à ce qui fut sans doute une des plus grande manipulation de l'opinion publique avec l'aide de la presse .
    L'historique de ma propre famille raconte qu'il y eut 2 clans selon qu'il s'agisse de la branche Bretonne ou de celle du Centre .les convictions religieuses y jouent un rôle ,de même que les statuts d'origine ;marin-pêcheurs /maréyeurs /paysans d'un côté ;artisans/petits commerçants/paysans de l'autre ;tous devenus au fil du temps ;Petite compagnie de transport maritime -PME sardinerie-maréyeurs plus importants/ instits-ingénieurs-Petites entreprises de mécanique .Dans les campagnes les idées étaient fortement enracinnées .
    Ainsi (ne riez pas ! ) aussi bien chez les Bas Bretons que chez les Berrichons subsistent des Sorciers avec leurs sorts ,leurs chasse-volantes ,l'ankou etc...
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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par silence le Dim 19 Aoû 2012, 19:10

    "Ainsi (ne riez pas ! ) aussi bien chez les Bas Bretons que chez les Berrichons subsistent des Sorciers avec leurs sorts ,leurs chasse-volantes ,l'ankou etc..."

    C'est exact. J'en ai connus, mais on leur attribue plus de "pouvoirs" qu'ils en ont vraiment... Quoique, mieux vaut les avoir pour amis.
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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par Toby le Dim 19 Aoû 2012, 19:21


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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par FLANDRE le Lun 20 Aoû 2012, 11:02

    [quote="Dupetit-Thouars"]
    FLANDRE a écrit:Si vous souhaitez vous éloigner du politiquement correct et de l’influence des lobbies qui parviennent irrémédiablement à formater notre opinion, je vous conseille vivement l’ouvrage de l’écrivain britannique Piers Paul Read : « The Dreyfus Affair ».

    Malheureusement la diffusion en France de la traduction en français de cet ouvrage n’est pas autorisée de manière à ne pas faire de peine à nos chers amis moyen-orientaux !!! Encore une fois, quand ça le dérange et que ça dérange sa communauté, Richard Pasquier sait manœuvrer.

    Cet ouvrage est publié par Bloomsbury, je l’ai acheté chez Amazon.fr : 25.58 €uros malgré le boycott.
    bonjour FLANDRE,je n'ai bien entendu pas lu ce livre,pourtant je penses que quasiment tout à été dit et écrit sur le sujet ,encore qu'à l'heure actuelle certains ne soient pas convaincus de l'innocence du Capitaine Dreyfus .Pour ma part je catalogue cette affaire comme le symbole de l'iniquité pour raison d'état ,allié à ce qui fut sans doute une des plus grande manipulation de l'opinion publique avec l'aide de la presse .
    quote]

    L'affaire Dreyfus fait justement partie de toutes ces affaires soumises au politiquement correct. Vous n'ignorez pas qu'il est sujets "intouchables" et que nous sommes soumis aux oukases de la "bien pensance", enfin une certaine bien pensance pour certains !!
    Je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage.
    Cordialement

    FLANDRE
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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par FLANDRE le Lun 20 Aoû 2012, 11:20



    Effectivement, Piers Paul Read est catholique.
    Piers Paul Read was born in Beaconsfield, Buckinghamshire. He is the third son of Sir Herbert Read, a poet, art critic and theorist of anarchism, and Margaret (née Ludwig) Read, a professional musician. His mother was a convert to Roman Catholicism and he was raised in that religion.

    When Read was eight, his family moved to North Yorkshire.[1] He was educated by Benedictine monks at Gilling Castle and Ampleforth College. His years at Ampleforth would later provide much of the material for the first part of his third novel Monk Dawson (1969) and rural Ryedale was the setting of his fifth novel, The Upstart (1973). In 1959 he went to St John's College, Cambridge, where he read history. He received his B.A. in 1961 and M.A. in 1962. In 1963–64, he spent a year in West Berlin on a Ford Foundation Fellowship. There he came into contact with German writers in the Gruppe 47, the French nouveau romancier Michel Butor, and the Polish novelist, diarist and playwright, Witold Gombrowicz.;[2] and worked on his first novel Game in Heaven with Tussy Marx (1966). He later enrolled in an academy for writers funded by the Ford Foundation, the Literarisches Colloquium, where he made friends with fellow members Tom Stoppard and Derek Marlowe[3]
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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par Mitsahne le Lun 20 Aoû 2012, 19:35

    On a peu parlé dans ma famille de l'Affaire : mon grand-père était pour, ma grand'mère était contre...Mes parents, trop jeunes pour l'avoir vécue n'en parlèrent jamais.

    Le patriotisme de ces années-là (1895/1905) était exacerbé par la perte de l'Alsace-Lorraine et tout ce qui pouvait paraître comme une faiblesse envers l'Allemagne était sévèrement réprimé. D'autre part, les familles catholiques y voyaient une bonne occasion de fustiger les..youpins, comme il était encore permis de l'écrire.
    Et dans une famille de militaires, on ne pardonnait pas ce qui était profitable à l'ennemi.

    Les mentalités ont bien changé...


    _________________
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    (Alexandre Vialatte).
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    (Michel Audiard)

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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

    Message par FLANDRE le Sam 10 Nov 2012, 10:55

    Justice ou tribalisme
    LE MONDE | 04.11.2012 à 10h24• Mis à jour le 09.11.2012 à 12h16Par Eva Illouz, sociologue

    L'affaire Dreyfus a été un moment crucial tant pour la France que pour le sionisme. Pendant douze longues années, la France a été déchirée par le conflit entre les forces de la République et celles de l'antisémitisme et du nationalisme. C'est aussi à cette époque que le spectacle des masses scandant "Mort aux juifs !" aurait amené le fondateur du sionisme, Theodor Herzl, à conclure que seule la création d'un foyer national juif pourrait résoudre le problème de l'antisémitisme. S'il est vrai que l'"Affaire" a été la semence qui a fécondé le champ prospère du nationalisme sioniste, si son existence même est l'expression des forces obscures auxquelles le sionisme se trouvait confronté, il est dès lors légitime de revenir sur cet épisode historique dans une perspective actuelle. L'affaire Dreyfus peut ainsi devenir le miroir d'Israël.




    Je me permettrai de l'examiner sous un angle différent. Cela ne veut pas dire que je conteste ou que je rejette la perception courante de l'affaire Dreyfus selon laquelle l'armée française était gravement contaminée par une forme d'antisémitisme virulent, et que ce dernier ne faisait que refléter une haine antijuive elle-même très répandue dans une grande partie de la population française.

    Mais, en premier lieu, on peut être frappé par le fait que l'affaire Dreyfus est un drame politique d'une intensité difficilement imaginable en Israël, et qu'on voit mal comment quelque chose d'équivalent pourrait s'y produire. Pendant douze ans, de 1894 à 1906, voilà un pays de culture catholique qui se trouve profondément divisé autour de la question de la culpabilité ou de l'innocence d'un obscur capitaine juif. Pour mieux saisir la puissance morale de ce drame, un petit exercice d'imagination s'impose : supposons qu'un Arabe servant comme officier dans l'armée israélienne soit accusé d'espionnage au profit d'un pays arabe. L'armée réunit des preuves de son crime, le traduit en justice, le déclare coupable et l'exile dans un bagne. Deux ans plus tard, un officier israélien - qui s'avère être aussi un colon et un homme de droite, facilement enclin à soupçonner en bloc la loyauté de ses concitoyens arabes - découvre un document qui semble remettre en question le verdict émis par les autorités militaires.

    Cet officier aurait des opinions aussi ultranationalistes que le lieutenant-colonel Picquart. Ce dernier, non dépourvu de préjugés antijuifs, fut pourtant celui qui découvrit que les indices accusaient de trahison un autre officier qu'Alfred Dreyfus, le commandant Esterhazy, et finit par être incarcéré. De même, l'officier israélien s'emploie à contester ledit verdict et à mettre en cause l'intégrité de ses collègues et de ses supérieurs, tout cela au nom de la vérité et de la justice et au bénéfice d'un être humain qui se trouve être un Arabe. Notre Israélien met entre parenthèses ses préjugés de colon et d'homme de droite, s'aliène ses collègues et ses supérieurs, et s'expose à leur hostilité, tout cela pour un Arabe. Il résiste stoïquement et continue à contester la version officielle jusqu'à ce que les autorités militaires, exaspérées par ce trublion, le mettent dans un "placard". Mais, même dans ces conditions, il ne cède pas et continue à se battre au nom de l'officier arabe injustement accusé, malgré la vindicte de ses supérieurs et de ses collègues, qui vont jusqu'à le faire emprisonner et à l'accuser de trahison.

    Imaginez ensuite que le président de la Knesset - comme, au temps de l'"Affaire", le vice-président du Sénat Auguste Scheurer-Kestner -, convaincu de la culpabilité de l'officier en question, apprenne finalement qu'il existe quelques doutes quant à cette culpabilité. Changeant complètement d'avis, il met dès lors toute son influence politique au service de la cause du militaire arabe. Il subit les calomnies et les menaces des extrémistes de droite et des auteurs nationalistes. Il n'est pas réélu à la présidence de l'assemblée et perd tous ses soutiens et alliés au sein du système politique. Malgré tout, il persiste dans son combat et s'efforce de rallier à ses vues le président de la République, le premier ministre et toutes les personnalités qui comptent au sein de la classe politique.

    Entre-temps, toute la société israélienne se voit divisée en deux factions qui se vouent mutuellement une haine féroce et se déchirent autour de la question de la culpabilité de l'officier arabe.

    Enfin, même si on peut imaginer un journaliste ou un homme de lettres israélien doté du talent et du courage d'un Zola, il est difficile de croire qu'une tribune de presse galvanise ses compatriotes et suscite chez les écrivains et les intellectuels des formes inédites et passionnées de mobilisation collective. De même qu'il est difficile d'imaginer que la société israélienne se divise à propos d'un Arabe accusé injustement.

    Or nous ne pouvons sans doute imaginer que de tels événements aient lieu en Israël. Pour quelle raison ? D'abord parce que les conditions qu'ils présupposent y sont tout simplement absentes. Les juifs français étaient protégés par une forme de citoyenneté universaliste. Les Arabes d'Israël sont certes des citoyens, mais leur citoyenneté est un simple fait administratif, pas une forme de participation active à la culture, à la politique et à l'économie d'Israël. L'appartenance des Arabes israéliens à la société israélienne ressemble plus au statut des enclaves ethniques de l'Empire ottoman qu'à l'universalisme inclusif de la citoyenneté française. Seul un modèle de citoyenneté universaliste pourrait donner naissance à une affaire Dreyfus en Israël.

    Même une injustice commise contre un juif ne provoquerait pas une affaire Dreyfus en Israël, parce que les politiciens israéliens ne sont pas régis par des normes morales qui pourraient les amener à agir contre leur intérêt personnel et leur bénéfice politique immédiat. Certes, on pourrait dire que ce sont les politiciens du monde entier qui sont devenus des êtres égoïstes et sans scrupules, mais le fait est que la conception de la justice qui prévaut en Israël se caractérise par son absence de contenu universaliste : la justice, en Israël, c'est ce qui est bon pour la tribu. Aux yeux de la plupart de nos hommes politiques et de nos militaires, l'idée qu'il faut défendre la cause de la vérité et de la justice, loin d'être un impératif évident, passe pour une incroyable preuve de naïveté.

    Mais il serait trop facile d'incriminer exclusivement les politiques : il est rare que les citoyens israéliens eux-mêmes agissent sous l'emprise de leur conviction et de leur indignation morales. Car, encore une fois, seule l'intériorisation de normes universelles de justice peut engendrer une authentique indignation morale.

    Si des antisémites comme le colonel Picquart méritent notre admiration sans réserve, c'est justement parce que, malgré leur antisémitisme, ils ont risqué leur carrière et leur liberté pour le juif Dreyfus. Connaît-on un seul homme politique israélien qui serait prêt à risquer sa carrière politique pour un juif ordinaire, sans parler d'un "petit Arabe" ? Ce en quoi les politiciens sont experts, c'est en tractations parlementaires, en louvoiements idéologiques et en stratégies de survie.

    Si nous nous penchons sur l'antisémitisme qui dominait d'amples secteurs de la société française pendant l'affaire Dreyfus, nous pouvons en tirer d'autres leçons. Qui étaient les antidreyfusards, ces hommes aujourd'hui assimilés par le jugement de l'Histoire à des forces obscures ayant entraîné la France au bord de l'abîme ? Le camp antidreyfusard était le promoteur d'une idéologie "sécuritaire", il était obsédé par les ennemis extérieurs et intérieurs, par les traîtres potentiels, les étrangers et les juifs. Et, comme la cause des juifs et des étrangers était soutenue par les intellectuels, les antidreyfusards haïssaient aussi ces derniers, défenseurs des "principes supérieurs" de la justice. Il était vital pour les antidreyfusards que Dreyfus soit déclaré coupable. Il s'agissait de préserver l'honneur de la nation. C'est aussi cette alliance néfaste de religion, de nationalisme et de militarisme sécuritaire qui a présidé aux heures les plus sombres de la France.

    Je laisse au lecteur le soin de décider s'il connaît un autre pays capable de déployer le même assortiment de religion, de nationalisme, d'obsession sécuritaire et de peur de l'ennemi intérieur...

    Ce qui a sauvé la France de l'ignominie, ce ne sont ni les dreyfusards ni les intellectuels, c'est l'existence de normes morales suffisamment fortes pour faire changer d'avis des antisémites et les contraindre à risquer leur carrière et leur liberté au nom du respect des principes. Ces normes transcendaient les appartenances politiques et religieuses.

    Au début de la première guerre mondiale, Alfred Dreyfus, qui était alors en retraite, s'est porté volontaire. Après tout ce qu'il avait souffert, après que son brillant avenir eut été brisé par l'antisémitisme de ses compagnons d'armes, il s'est pourtant senti appelé à servir cette armée qui l'avait trahi de façon si cruelle. Voilà qui devrait nous faire réfléchir. Quelle était sa motivation ? Elle n'est pas très difficile à deviner. Dreyfus s'est porté volontaire parce qu'il aimait toujours son pays. Pourquoi cela ? Parce qu'en défendant un petit capitaine juif, la France avait défendu la justice pour tous, préservant ainsi son autorité morale. Aujourd'hui, notre message à Herzl pourrait être le suivant : le sionisme aura terminé sa tâche le jour où Israël aura son affaire Dreyfus.

    Traduit de l'anglais par Marc Saint-Upéry

    Ce texte a été initialement publié dans le quotidien israélien Haaretz
    Eva Illouz, sociologue

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    Re: L'AFFAIRE DREYFUS

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