Quelque 45.000 musulmans - principalement originaires de Bosnie-Herzégovine et du Kosovo vivent en Slovénie. Il s'agit, par ordre d'importance de la seconde communauté confessionnelle du pays, mais elle ne dispose toujours pas d'un lieu de culte approprié. Les musulmans de Slovénie essayent depuis 40 ans de construire une grande mosquée à Ljubljana, mais ils se heurtent à des préjugés tenaces. Leur combat pourrait néanmoins aboutir dans les prochains mois.

La construction d'une mosquée à Ljubljana est devenue au fil des ans une véritable odyssée pour les musulmans slovènes, qui tentent de finaliser ce projet depuis 1969. Jusqu'à la chute de la Yougoslavie, aucune avancée n'avait pu être réalisée sur ce dossier tandis que dans les premières années d'indépendance de la Slovénie, le statu quo a encore prévalu.
Le seul monument consacré à l'Islam qui ait été bâti sur l'actuel territoire slovène fut le mémorial de Bretto (Log pod Mangartom), élevé en 1916 à la mémoire des soldats musulmans de l'armée austro-hongroise morts sur le front de l'Isonzo, édifice détruit dès 1918. Aujourd'hui, la situation tend à se décanter même si la construction d'un tel bâtiment suscite toujours un intense débat en Slovénie.
L'arrivée fin 2001 d'Osman Djogi, premier mufti à exercer en Slovénie, a donné un nouvel élan au projet. Pourtant, il a pris ses fonctions peu après le 11 septembre, au moment où la méfiance à l'égard des musulmans était très forte, qu'ils soient de Slovénie ou d'ailleurs. La communauté musulmane slovène est essentiellement composée d'immigrés, souvent de deuxième ou troisième génération, originaires de Bosnie et du Kosovo.
En 2002, Matja~ Han~ek, le médiateur slovène pour les droits de l'homme, expliquait qu'il manquait déjà la volonté politique pour qu'une mosquée et un centre culturel islamique voient le jour à Ljubljana. Selon lui, ce problème était difficile à résoudre, compte tenu de l'importance des préjugés envers les musulmans qui ont cours en Slovénie.

Mgr Franc Rode ancien archevêque de Ljubljana.
Les musulmans sont-ils de bons Slovènes ?
Ainsi, l'archevêque de Ljubljana, Mgr Franc Rode, mettait la classe politique en garde. Il affirmait que pour les musulmans une mosquée ne représente pas la même chose qu'une église pour les chrétiens. Selon lui, la mosquée est non seulement un centre religieux mais également un centre politique, culturel et social. Par conséquent, la véritable question qu'il posait aux dirigeants était de savoir s'ils étaient prêts à accueillir sur le territoire slovène un centre politique d'une autre culture.
Aujourd'hui, 45.000 personnes se revendiquent de confession musulmane en Slovénie. La plupart d'entre elles sont de petits entrepreneurs, travaillant principalement dans le secteur du BTP. Depuis quelques années, on assiste néanmoins à l'émergence d'une intelligentsia dans la communauté.
L'un des plus gros obstacles à leur intégration est, semble-t-il, leur prétendue non appartenance à la réalité slovène.
Pourtant, 90% d'entre eux sont des citoyens slovènes à part entière et la plupart ne conservent que de faibles liens avec la terre d'origine de leurs parents ou grands-parents. Par conséquent, la question est celle du rapport des Slovènes à l'altérité. On se retrouve, encore une fois, confronté à l'obsession de vouloir avant tout préserver les us et coutumes locaux. Il faut croire qu'une mosquée à Ljubljana mettrait en péril l'image que la Slovénie veut donner d'elle-même, à savoir un pays alpin catholique d'Europe centrale.
Le dernier rapport du département d'Etat des Etats-Unis concernant les droits de l'homme dans le monde fait état de la lenteur de cette procédure. À plusieurs reprises, il y est noté que la Slovénie, qui garantit la liberté d'appartenance religieuse, doit permettre aux musulmans de disposer de leur propre lieu de culte.
Plusieurs voix connues se sont élevées contre une telle forme d'intolérance. En janvier 2004, le
journal de Maribor écrivait : « Nous voyons l'intolérance seulement lorsque nous en sommes les victimes, mais pas lorsque nous sommes les intolérants. Dans le cas présent, nous sommes convaincus de défendre le peuple slovène face à une autre culture que nous percevons comme un danger [...] ».
Une mosquée peut-être, mais de quelles dimensions ?
Pour retarder la réalisation du projet de mosquée à Ljujbljana, les dirigeants slovènes ont longtemps fait reposer le problème sur la ville elle-même, qui de son côté accusait le conseil municipal et les citoyens. En effet, ce débat anime les réunions du conseil municipal depuis des années. Il a même été prévu que la ville modifie son schéma d'aménagement urbain afin de définir une parcelle spécifique à la mosquée.
Un premier projet prévoyait la construction d'un édifice disposant d'une coupole de 18 mètres de haut et d'un minaret de 27 mètres. Justement, la hauteur du minaret et l'intégration de la mosquée au cadre architectural de Ljubljana constituent, depuis des années, les points d'achoppement du projet. Fin 2003, l'idée d'un référendum sur cette question s'est subitement imposée, à l'initiative des élus de Nouvelle Slovénie, le parti conservateur d'obédience catholique de l'ancien Premier ministre Andrej Bajuk.
Mais c'est Mihael Jarc, élu municipal d'une liste indépendante, qui a véritablement pris l'affaire en main. Il s'est mis à collecter des signatures pour demander un référendum. Officiellement, le référendum ne devait pas demander aux gens de se prononcer pour ou contre la construction de la mosquée, mais simplement porter sur sa forme et ses dimensions.
Selon Mihael Jarc, la Slovénie n'a pas besoin de mosquée, une salle de prière pour les musulmans suffisant amplement. Il n'a eu aucun mal à recueillir le nombre de signatures nécessaires à la demande d'un référendum, mais le maire de l'époque, Danica Simai, et le mufti de Slovénie ont alors saisi la Cour constitutionnelle afin qu'elle se prononce sur la légalité d'un tel scrutin. Les juges ont estimé qu'un tel référendum était anticonstitutionnel, puisque son objectif visait clairement à empêcher la construction de la mosquée.
Le plus important pour cet élu était cependant que la communauté musulmane comprenne son message. C'est ainsi qu'il s'est présenté aux élections municipales de 2004, étalant sur ses affiches électorales un rond rouge barré - signe d'interdiction - avec une mosquée au milieu. Matja~ Han~ek, médiateur pour les droits de l'Homme, s'est alors publiquement demandé quand les organes judiciaires slovènes prendraient des mesures contre ces manifestations d'intolérance.
Fin 2004, l'affaire de la mosquée a semblé sur le point de prendre fin, la ville de Ljubljana s'étant engagée à vendre un terrain à la communauté musulmane. Seulement, rien ne de cela n'a finalement eu lieu car il s'est avéré qu'une partie du lot promis n'était pas la propriété de la ville. De toute façon, de nombreuses voix s'étaient élevées pour s'indigner, entre autres, que le bâtiment soit construit dans une zone inondable. Mais cet argument était plus un prétexte pour s'opposer à la mosquée qu'une réelle préoccupation environnementale.
La mosquée verra le jour... ou pas ?!
Vers la fin de l'année 2006, un nouvel emplacement pour la mosquée a enfin été défini et le début des travaux annoncé pour 2008. La communauté musulmane a proposé 4,5 millions d'euros pour les 11.000 mètres carrés du terrain. En Slovénie, il n'est pas possible d'obtenir de terrain pour une somme symbolique, comme c'est l'usage dans la majorité des autres pays d'Europe. Les plans actuels de la mosquée prévoient une coupole de 24 mètres de haut et un minaret qui culminera à 40 mètres. En presque dix ans de lutte, les musulmans slovènes auront au moins gagné quelques mètres de plus en hauteur.
À peine la construction de la mosquée était-elle annoncée que la polémique a refait surface. Et c'est Mihael Jarc qui est encore une fois monté au créneau pour présenter une nouvelle initiative référendaire. Mais cette procédure devrait très rapidement être invalidée pour vice de forme. Le maire de la capitale, Zoran Jankovi, a d'ailleurs coupé court à toute contestation possible, affirmant que Ljubljana avait accepté la construction de la mosquée et qu'il y aurait donc une mosquée dans la capitale slovène.
Les années qui viennent nous diront si les musulmans de la ville pourront enfin prier dans leur
mosquée ou s'ils seront toujours contraints de louer le Palais des sports de Ljubljana.
Mercredi 7 janvier 2009
http://www.osservatoriobalcani.org

************************************************************************************************************************
L'archevêque de Ljubljana, Mgr Franc Rode a donné de façon très claire la définition de ce qu'est une mosquée pour les musulmans.
"Par conséquent, la question est celle du rapport des Slovènes à l'altérité. On se retrouve, encore une fois, confronté à l'obsession de vouloir avant tout préserver les us et coutumes locaux. Il faut croire qu'une mosquée à Ljubljana mettrait en péril l'image que la Slovénie veut donner d'elle-même, à savoir un pays alpin catholique d'Europe centrale."
Voilà ! L'esprit "Union européenne" est à l'oeuvre en Slovénie !
"Le dernier rapport du département d'Etat des Etats-Unis concernant les droits de l'homme dans le monde fait état de la lenteur de cette procédure. À plusieurs reprises, il y est noté que la Slovénie, qui garantit la liberté d'appartenance religieuse, doit permettre aux musulmans de disposer de leur propre lieu de culte."
Les USA, de quoi se mêlent-ils ? Ils feraient mieux de traiter de façon humaine leurs peuples autochtones qu'ils ont parqués dans des "camps"...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lakotas









» Disparitions inquiétantes
» Camus au Panthéon ?
» 30 Millions d'amis
» Sarkozy
» Bonjour Jean
» Débat Fourest Ramadan
» Belgique.
» histoire drôle du jour!